Maximilien Hauchecorne trace sur ses papiers une trame dense comme suspendue dans l’espace et poursuit son chemin de lignes sans relâche.
Sa pratique plastique est similaire à celle de la respiration. Qu’il s‘agisse de dessins comme de gravures le rapport au temps est déterminant, il définit cet état de contemplation par la répétition des gestes. Ses dessins sont réalisés à la plume et à l’encre de Chine, à l’image d’une calligraphie.
Pour cette exposition nous avons choisi de mettre en avant un travail qui s’articule à partir de l’objet-souvenir, de petites sculptures, d’assemblages d’objets collectionnés, moulés en plâtre ou béton, pierres, silex… accumulés au fur et à mesure devenant amulettes totémiques.
À la manière des contraintes de l’Oulipo, ces indices s’associent par télescopage mémoriel, transformant le bureau de l’atelier en un petit théâtre intime où se rejouent nos rapports d’échelle à l’espace.
L’aspect éthéré des tirages est accentué par la transparence du papier, comme celui d’une ombre ou du souvenir. Le dépôt de la chimie photographique joue sur cette dégradation, celle d’un processus ouvert sur une gestuelle organique.
Ces traits à main levé ininterrompus conservent la vibration organique de la gestuelle. Leur superposition en trames successives sont liées à un travail méditatif de respiration et de concentration.
Le dessin n’existe plus sous forme de ligne mais d’aplats et de dégradés. La représentation par le trait disparaît pour devenir autre, allant vers une vision photographique; une fenêtre dont les bancs tournants du papier joue de cette maîtrise et en accentue sa mise en abîme.
Cette dimension contemplative du processus de création, ouvre vers un univers impressionniste, celui d’un paysage intérieur, d’une architecture épurée et silencieuse. De cette obscurité apparaît petit à petit le volume qui se découvre comme la vision s’adapte à la pénombre.
La composition abstraite se pose sur un objet comme un cylindre, une arrête, un horizon, quelque chose qui se veut résolument quotidien mais sur lequel on capte une attention comme si cette structure avait une âme.
Ce que nous ressentons comme silencieux est en permanente révolution, animé par la lumière, le temps qui se dépose, l’atmosphère, à l’image de notre psychologie intérieure.


