Luis Filella a étudié le droit et la philologie avant d’exercer pendant quelques années le métier d’avocat. Il se tourne, ensuite, vers l’illustration et collabore à différentes publications éditoriales. Il consacre alors une grande partie de son activité aux livres pour enfants, aux récits et aux manuels scolaires.
Cette expérience lui permet, pendant près de vingt ans, de développer une pratique riche de l’image. Parallèlement à ce travail, il commence à peindre et à expérimenter la sculpture, développant peu à peu un langage plastique plus personnel, affranchi des contraintes propres à l’illustration.
Depuis quelques années, Luis Filella a trouvé un équilibre entre peinture et sculpture, dans une production volontairement resserrée qu’il présente à l’occasion de plusieurs expositions en Espagne, où il vit et travaille.
Son atelier constitue le véritable point de départ de sa pratique. C’est un espace d’expérimentation où les œuvres prennent forme de manière intuitive, dans un rapport direct et sensible aux matériaux. Il affectionne particulièrement le bois, le papier et le carton, des matières simples, modestes et accessibles, dont il apprécie l’humilité autant que les possibilités qu’elles offrent.
Ces matériaux conservent quelque chose de leur état premier : ils sont pliés, assemblés, découpés, peints ou simplement transformés, sans chercher à effacer leurs irrégularités ni les traces du geste. La simplicité des formes et la spontanéité de leur construction donnent à ses œuvres une présence à la fois brute et délicate.
Il y a dans cette pratique une forme de retour à l’essentiel, à une manière instinctive de fabriquer et d’inventer. La mémoire de l’enfance affleure dans ses peintures et ses sculptures, non pas comme un souvenir illustré, mais comme une liberté de faire, de jouer avec les formes et de laisser émerger la poésie à partir de matériaux ordinaires. L’œuvre se construit alors dans cet espace fragile entre la simplicité du geste, la matière et l’imaginaire.


